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Page 3 sur 4 La troisième République crée, à partir de 1884, la démocratie communale, avec l’élection, au suffrage universel, du Conseil municipal, désignant, dans son sein, le maire et les adjoints. La lutte est vive, pour la laïcisation des écoles, entre les « rouges » de la gauche radicale et les « noirs » catholiques. De 1914 à 1918, Arthaz paie un lourd tribut à la Première Guerre mondiale, avec 36 tués ou disparus, soit 5.77% de la population recensée en 1911, taux très supérieur à la moyenne de la Haute-Savoie, de 4%. Au XX siècle, a été réalisée la modernisation des équipements communaux : surélévation et renforcement des arches du vénérable « Pont de Trébille », sur la Menoge, construit en 1768, pour remplacer un passage à gué ; « Pont Mille pattes » sur l’Arve, pour l’accès à Reignier ; création d’un corps de sapeurs pompiers ; adduction d’eau potable (1926 à 1932) ; électrification (1922 à 1923) ; dès 1892, usine électrique de la Basse-Arve, pour alimenter le chemin de fer touristique du Salève, passée à EDF après la nationalisation ; bureau de poste ; mairie et groupe scolaire. L’ancienne agriculture se transforme profondément. Elle était fondée sur la production des céréales, la vigne, l’élevage laitier. Malgré la proximité d’Annemasse et de Genève, Arthaz gardait les traits d’un village traditionnel. On y parlait le patois auquel Louis Messerly a consacré dans l’ouvrage un savoureux chapitre, décrivant la vie d’autrefois. La commune est devenue l’un des principaux centres du département, ravitaillant les villes et les stations touristiques en légumes, en fleurs et les jardiniers en « plantons » à repiquer. La population, qui se tenait autour de 650 habitants à la fin du XIX siècle, était descendue à un demi-millier, dans l’entre deux guerres, à cause de l’exode rural et elle n’était encore que de 585 personnes, en 1963. Dans les quatre décennies suivantes, la commune a été entraînée dans le dynamisme démographique du bassin franco-genevois, l’un des plus vigoureux de la Haute-Savoie et de la Région Rhône-Alpes. De nouveaux résidents ont porté la population à son maximum de 1261 personnes. Le nombre de frontaliers, migrants quotidiens du travail vers l’agglomération genevoise, a suivi une évolution parallèle, avec un effectif actuel de 321 frontaliers. Arthaz, en dépit de sa fonction de « commune dortoir » a conservé son identité, en pratiquant une vie associative intense, facteur de cohésion et d’assimilation des nouveaux venus à la communauté locale. On ne dénombre, en effet, pas moins de 14 organisations sportives, récréatives, caritatives et culturelles. Professeur Paul Guichonnet, doyen Université de Genève Faculté des sciences économiques et sociales |
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